Urgence
Entreprise piratée : que faire dans la première heure.
Débranchez du réseau les machines touchées, sans les éteindre. Prévenez votre prestataire informatique et la direction. Ne payez rien. Si l'urgence est aiguë, appelez la police, puis signalez l'attaque à l'autorité cyber de votre pays : les contacts pour la Suisse, la France, la Belgique, l'Allemagne et l'Autriche sont plus bas. Gardez toutes les traces : elles serviront à la police, à l'assureur et à la remise en route. Le détail, dans l'ordre, ci-dessous.
Ryze Cyber n'est pas un service d'urgence. Cette page réunit les consignes des autorités. En cas d'attaque en cours, vos premiers contacts sont votre prestataire informatique, la police et l'autorité cyber de votre pays.
La marche à suivre, dans l'ordre
- Isolez les machines touchées. L'OFCS demande de déconnecter immédiatement les systèmes infectés du réseau : retirez le câble réseau et coupez le Wi-Fi de l'appareil.
- Ne les éteignez pas et ne les redémarrez pas. Selon l'OFCS, un redémarrage ou une tentative de réparation rend presque impossibles les analyses qui suivent. En France, Cybermalveillance.gouv.fr demande de ne pas éteindre les machines touchées, pour ne pas effacer les preuves gardées en mémoire. Une exception : si le chiffrement est encore en cours et peut être interrompu, une mise en veille prolongée est à envisager.
- Prévenez les bonnes personnes. Votre prestataire informatique, la direction, et la personne désignée dans votre plan d'urgence si vous en avez un. Utilisez le téléphone : la messagerie de l'entreprise est peut-être compromise.
- Gardez les traces. Notez l'heure, ce que vous avez vu, les messages affichés. Faites sauvegarder les fichiers journaux. Si vos sauvegardes sont elles aussi chiffrées, l'OFCS recommande de les conserver : une solution de déchiffrement peut apparaître plus tard.
- Ne payez pas. Voir la position officielle plus bas.
- Appelez la police. Tout de suite si l'urgence est aiguë, ensuite pour déposer plainte. Les numéros et les services par pays sont dans les tableaux ci-dessous.
- Signalez à l'autorité cyber de votre pays. L'OFCS en Suisse, 17Cyber et Cybermalveillance.gouv.fr en France, le CCB en Belgique, le BSI en Allemagne, le Bundesamt für Cybersicherheit en Autriche.
- Vérifiez si des données personnelles sont touchées. Si oui, une annonce à l'autorité de protection des données peut être obligatoire (voir plus bas).
- Prévenez votre assureur si vous avez une cyberassurance, avant d'engager des frais. Vos conditions peuvent prévoir une déclaration immédiate.
- Changez les mots de passe depuis un appareil sain, en commençant par la messagerie et les comptes administrateur.
Qui prévenir en Suisse ?
| Qui | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Police | Tout de suite en cas d'urgence aiguë. Ensuite pour la dénonciation pénale. | 117 pour l'urgence. Police cantonale de votre siège pour la plainte. Contacts par canton sur la page Suisse romande. |
| OFCS (Office fédéral de la cybersécurité) | Dès que possible. Signalement volontaire pour la plupart des PME, obligatoire sous 24 heures pour les infrastructures critiques. | report.ncsc.admin.ch. L'OFCS précise que les notifications ne sont pas traitées 24 heures sur 24. |
| PFPDT (protection des données) | « Dans les meilleurs délais », si la violation entraîne vraisemblablement un risque élevé pour les personnes concernées (LPD, art. 24). | Formulaire DataBreach. |
| Vos clients | Si vous traitez des données pour leur compte : dans les meilleurs délais. | Par le contact prévu dans votre contrat. |
Une annonce à l'OFCS n'est pas une plainte : l'OFCS ne peut pas enregistrer les plaintes pénales. Les délais et les cas d'obligation sont détaillés dans nLPD, OFCS, RGPD, NIS2.
Qui prévenir en France ?
- Assistance : Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif national d'assistance aux victimes, et 17Cyber, un service proposé par la Police nationale, la Gendarmerie nationale et Cybermalveillance.gouv.fr.
- Plainte : la CNIL conseille de déposer plainte au commissariat de police ou à la gendarmerie et de tenir les preuves techniques à disposition des enquêteurs.
- Données personnelles : notification à la CNIL dans les meilleurs délais, si possible sous 72 heures, lorsque la violation présente un risque pour les personnes. Une notification en deux temps est possible.
Qui prévenir en Belgique ?
- Police : 101 pour une aide policière urgente, 112 pour une ambulance ou les pompiers (112.be).
- Autorité cyber : le Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB), qui est le CSIRT national. Il répond par e-mail (info@ccb.belgium.be) du lundi au vendredi, de 9 h 30 à 16 h 30. Sa permanence téléphonique 24 heures sur 24 est réservée aux fournisseurs de services essentiels et aux infrastructures critiques. Les messages suspects (hameçonnage) se transfèrent à suspicious@safeonweb.be. Les entités soumises à la loi NIS2 ont une procédure de notification à part (voir obligations par pays).
- Données personnelles : notification à l'Autorité de protection des données (APD) dans les meilleurs délais et, si possible, dans les 72 heures, sauf si la violation n'est pas susceptible d'engendrer un risque. La notification passe par le portail de l'APD, en français, en néerlandais ou en allemand : l'APD ne traite pas les notifications envoyées par e-mail.
Contacts belges relevés sur les sites officiels le 8 octobre 2026.
Qui prévenir en Allemagne et en Autriche ?
| Pays | Police | Autorité cyber | Données personnelles |
|---|---|---|---|
| Allemagne | Les polices des Länder ont chacune un point de contact cybercriminalité réservé aux entreprises et aux administrations (ZAC). Le bon ZAC est celui du siège de l'entreprise ou du lieu de l'incident. Liste et numéros sur polizei.de. | Le BSI reçoit les signalements volontaires des entreprises par son portail. Les entités soumises à NIS2 ont un canal de notification à part. | L'autorité de protection des données du Land, si possible sous 72 heures (RGPD, art. 33). Liste publiée par le BfDI. |
| Autriche | 133 pour la police, 112 pour le numéro d'urgence européen. La plainte se dépose dans n'importe quel poste de police. Le Bundeskriminalamt tient un point de contact cybercriminalité qui renseigne à toute heure par e-mail (against-cybercrime@bmi.gv.at), mais il ne permet pas de déposer plainte. | Le Bundesamt für Cybersicherheit : notification obligatoire pour les entités essentielles et importantes, signalement volontaire pour les autres. | La Datenschutzbehörde, par formulaire en ligne, si possible sous 72 heures. |
Contacts relevés sur les sites officiels le 7 octobre 2026. Le 112 fonctionne dans tous les États de l'Union européenne.
Rançongiciel : faut-il payer la rançon ?
La position de l'Office fédéral de la cybersécurité est écrite noir sur blanc :
« L'OFCS déconseille de payer une rançon. Il n'y a aucune garantie que les criminels ne publieront pas les données ou n'en tireront pas un autre profit après le paiement de la rançon. En outre, tout chantage qui réussit incite les assaillants à continuer, finance le développement des attaques et favorise leur propagation. »
L'OFCS ajoute que si vous envisagez quand même de payer, il recommande instamment d'en discuter avec la police cantonale. Il précise aussi qu'il ne négocie pas avec les auteurs de chantage. En France, Cybermalveillance.gouv.fr donne la même consigne : ne payez pas la rançon réclamée. En Allemagne, le BSI rappelle que le paiement n'offre aucune garantie de retrouver ses données et recommande de porter plainte sans attendre.
Avant toute décision, regardez si une clé existe déjà : l'OFCS renvoie vers nomoreransom.org, un projet de la police néerlandaise et d'Europol auquel la Confédération participe.
Et après la première heure ?
L'objectif, selon l'OFCS, est de découvrir par où l'attaquant est entré pour éviter une nouvelle infection. Les systèmes touchés doivent être réinstallés avant de restaurer les données depuis les sauvegardes. Si personne chez vous n'a ces compétences, faites appel à une entreprise spécialisée.
Une fois l'activité repartie, deux questions restent ouvertes : par où est-il entré, et est-ce que c'est refermé ? C'est là que le duo Red Team et Blue Team prend son sens : un audit pour retrouver les portes ouvertes, puis un suivi pour qu'elles restent fermées. La Blue Team de Ryze Cyber couvre aussi la préparation : savoir qui appelle qui, avant le jour J.
Questions fréquentes
Faut-il éteindre un ordinateur infecté ?
En règle générale, non. Débranchez-le du réseau (câble et Wi-Fi), mais ne l'éteignez pas et ne le redémarrez pas. Selon l'OFCS, un redémarrage rend presque impossibles les analyses qui suivent. Cybermalveillance.gouv.fr prévoit une exception : si le chiffrement est encore en cours, une mise en veille prolongée est à envisager.
Faut-il payer la rançon ?
L'Office fédéral suisse de la cybersécurité déconseille de payer : rien ne garantit que les criminels ne publieront pas les données, et un chantage qui réussit finance les attaques suivantes. Si vous l'envisagez malgré tout, parlez-en d'abord à la police cantonale.
En Suisse, une PME doit-elle signaler une cyberattaque à l'OFCS ?
L'obligation de signaler sous 24 heures ne vise que les infrastructures critiques. Pour les autres entreprises, le signalement est volontaire et recommandé par l'OFCS.
Signaler à l'OFCS, est-ce porter plainte ?
Non. L'OFCS ne peut pas enregistrer les plaintes pénales. La dénonciation pénale se dépose auprès de la police cantonale de votre siège.
Ryze Cyber intervient-il en urgence ?
Ryze Cyber n'est pas un service d'urgence et n'annonce pas d'intervention immédiate sur son site. En cas d'attaque en cours, contactez votre prestataire informatique, la police et l'autorité cyber de votre pays. Ryze Cyber intervient avant, pour tester et protéger.
Mieux vaut le savoir avant.
Le scan gratuit de Ryze Cyber est un questionnaire de 10 questions. Il prend deux minutes, le score s'affiche tout de suite et rien n'est testé sur vos systèmes.
À lire aussi
Sources
- OFCS, « Rançongiciels : que faire ? » (limitation des dommages, analyses, paiement des rançons)
- OFCS, « Annoncez à l'OFCS » (signalement volontaire et obligatoire, numéros d'urgence 112 et 117)
- OFCS, formulaire de signalement
- OFCS, FAQ concernant l'obligation de signaler
- Loi fédérale sur la protection des données (LPD), art. 24, Fedlex
- PFPDT, DataBreach : notification des violations de la sécurité des données
- CNIL, notifier une violation de données personnelles
- Cybermalveillance.gouv.fr, fiche réflexe « Rançongiciels »
- 17Cyber, assistance aux victimes de cybermalveillance (France)
- Polizei.de, points de contact cybercriminalité des polices pour les entreprises (ZAC), Allemagne
- BSI, entreprises : gérer et signaler un incident de sécurité informatique
- BSI, rançongiciels (paiement de la rançon, plainte)
- BfDI, liste des autorités de protection des données des Länder
- Bundeskriminalamt (Autriche), points de contact, dont la cybercriminalité
- Bundesamt für Cybersicherheit (Autriche), obligations de notification et délais
- Datenschutzbehörde (Autriche), notification d'une violation de données
- oesterreich.gv.at, numéros d'urgence (133, 112)
- 112.be, numéros d'urgence en Belgique (112, 101)
- Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB), signaler un incident, en anglais
- Autorité de protection des données (Belgique), notifier et gérer une violation de données
Dernière mise à jour : 8 octobre 2026